Je n'ai jamais aimé rédiger une lettre de motivation.
Et pourtant, une fois finie, toujours ce même sentiment de satisfaction, une certaine réassurance narcissique qui surgit de derrière les fagots.
Inattendu dans l'âme.
C'est d'abord un premier effort de devoir me décoller de ma face pour pouvoir faire retour sur elle.
Dire : "Arrête ce bourdonnement dedans toi qui t'empêche de t'écouter. Stop regarder à l'extérieur et parle-toi de toi-même."
La nécessité de se retour sur soi peut parfois faire violence soit par son impossibilité, soit par son inadéquation avec le fantasme de celle que je pense être et que je conserve derrière ce bourdonnement qui voile ma profonde nature à mes yeux.
Après maintes efforts de réflexion, je dois me rendre à l'évidence que ma motivation n'est pas si grande qu'il faudrait la démontrer. C'est ainsi que j'entame tout un travail de remise en question où, tel un funambule, je me met sur mon équilibre le plus vacillant et me fait branler pour tester mes assises, mes convictions, mes limites, jusqu'à ce que je manque de tomber et que je puisse ainsi définir l'axe de mon âme.
Mot à mot, j'arrache à mes tripes les certitudes qu'elles peinent à garder pour elles.
Pas à pas, je formule ce par quoi je m'exprime.
Petit à petit, je reforme mon être en Un et retrouve dans le miroir une image plaisante et ressemblante à mes murmures.
La charrue avant les bœufs
C'est bien connu qu'une charrue sans bœufs, ça n'avance pas. Et bien la preuve que si !
jeudi 20 août 2009
Ici d'ailleurs
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Nelly
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mardi 11 août 2009
Extrait choisi
Le guerrier pacifique, Dan Millman
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Catégories : Citer
mardi 28 avril 2009
Aromatique du Mal

O toison, moutonnant jusque sur l'encolure!
O boucles! O parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans les profondeurs, forêt aromatique!
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.
J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève!
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:
Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.
Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse!
Infinis bercements du loisir embaumé!
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.
Longtemps ! Toujours ! Ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?
Charles Baudelaire, La chevelure - Les Fleurs du Mal
Illustration : Henri Matisse, La chevelure
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lundi 20 avril 2009
Mélancolie active
Crois-moi, quand on veut être actif, il ne faut pas craindre de faire certaines choses de travers, ne pas avoir peur de commettre quelques erreurs. Pour devenir meilleur, il ne suffit pas, comme la plupart le croient, de ne rien faire de mal. La passivité est un mensonge, tu disais toi-même autrefois que c'en était un. On aboutit ainsi à la stagnation, à la médiocrité. Etends des couleurs sur la toile blanche si tu en vois une te regarder fixement d'un air un peu idiot.
Tu ne sais pas à quel point il est décourageant de fixer une toile blanche qui dit au peintre : tu n'es capable de rien ; la toile a un regarde fixe idiot et elle fascine à ce point certains peintres qu'ils en deviennent idiots eux-mêmes.
Nombreux sont les peintres qui ont peur d'une toile blanche, mais une toile blanche a peur du véritable peintre passionné qui ose — et qui a su vaincre la fascination de ce tu n'es capable de rien.
La vie en soi, elle aussi, présente toujours à l’homme un côté blanc infiniment banal qui vous décourage et vous fait désespérer. Une face absolument vierge, aussi vierge que la toile blanche du chevalet. Mais si banale et vaine, si morte paraisse la vie, l’homme doué de foi, d’énergie, de chaleur, sachant ce qu’il sait ne se laisse pas payer en monnaie de singe. Il intervient, fait quelque chose, part de là. Enfin, « il brigue, il endommage » disent-ils. Laisse-les donc venir ces théologiens glacés.
Lettres à son frère Théo, Vincent Van Gogh
Nuenen, décembre 1883 — novembre 1885
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Catégories : Peinture
vendredi 26 décembre 2008
dimanche 14 décembre 2008
De sang
De l'audace d'un crayon au bas d'un testament ;
Écoute-toi ronronner à mon recoins tes convictions.
La mine creuse le sillon d'une promesse inter dite,
la larme, transparente, laisse une trace salée inédite.
Novice sur un sentier caillouteux.
Bien moins lisse, tant plus douteux.
Des noeuds dans les ch'veux, des noeuds dans la tête,
Je suis une histoire sans queue ni tête,
Ça m'va mieux qu'un cœur sans nœud ni quête.
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lundi 8 décembre 2008
Siméo et fort
En veux tu, en voleurs de sourire, les chasseurs de baisers n'auront pas, cette fois, la peau de mon cœur, et puis la tienne contre la leur, tant pis, être seul ne me fait plus peur, je leur laisse cette odeur de répits à leurs amours de compagnie, et j'irai chercher l'idéal au fond d'une autre paire d'amygdale, et avec tout ce que ça a de sale, tu m'auras pris et tu m'auras juste rendu normal.
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